Alep : on avait dit cessez-le-feu ou ouvrez-le-feu ?

Alep, Syrie, moins de 24 heures seulement après la promesse de cessez-le-feu plus que dérisoire, c’est avec habitude – voir lassitude ? - que l’on regarde, impuissant, les Grandes Puissances du monde n’en faire qu’à leur tête. Les promesses de cessez-le-feu n’étaient là que pour masquer, peut-être, une ambition toute autre : mettre à feu et à sang cette région qui n’a jamais le temps de souffler. A peine avions-nous esquissé l’idée d’une paix - temporaire nous le savions - que les plus Grands ont mis un terme aux espoirs les plus minimes, en envoyant leurs forces armées, plus déchaînées que jamais, réduire en cendre une population tiraillées entre ses rebelles et son gouvernement, au cœur d’un combat qui ne parait finalement pas être le sien.... Un tourbillon de questions fait bourdonner les réseaux sociaux, mais plus précisément : que font nos médias ? Si l’information est relayée partiellement, abruptement et de façon très statique, la situation ne parait pas intéresser plus que ça. En tout cas nous, on s’y intéresse, et nous espérons que vous aussi.  Retour sur les événements.


Les nouvelles sont là, et elles ne sont pas joyeuses. En effet, l'accord d’évacuation négocié mardi entre les rebelles et le gouvernement syrien - toujours intensément soutenu par la Russie et la Turquie - a été rompu. Un accord qui n’aura même pas tenu 24 heures... Ce dernier devait permettre aux civils de quitter la ville et aux rebelles de se replier avec leurs armes. Les habitants exprimaient déjà leur soulagement d’échapper enfin à la terreur, à la faim, à la mort suite aux violentes frappes qui ont rasé une grande partie d’Alep-Est. Mais mercredi 14 décembre au petit matin, la nouvelle est tombée : le cessez-le-feu n'est plus d'actualité. La paix a donc été mise entre parenthèse, de nouveau, permettant au violent combat de reprendre de plus belle, mettant un terme aux espoirs d’évacuation des quelques 50.000 hommes, femmes et enfants toujours en vie malgré le massacre...

Alep, la deuxième ville de Syrie qui comptait près de 2 millions d'habitants en 2009, est dans une situation d'urgence absolue : en ce moment-même, la population baisse graduellement. Il reste environ cent milles personnes encore piégées sur un territoire pas plus large que cinq kilomètres carrés. La population, terrifiée, tente tant bien que mal de trouver un abri pour survivre. Dans l'incompréhension la plus totale. Pour appeler à l’aide, une seule solution : les réseaux sociaux. C'est donc à travers ces réseaux de la dernière chance que de nombreux citoyens lancent des messages de détresse, espérant une réponse positive de la part du reste du monde - ou une réponse tout court.

Ismail Alabdullah, volontaire des Casques blancs et un des rares journaliste indépendant assez courageux pour être encore présent sur le terrain, a tweeté hier : « Le cessez-le-feu est fini. Tout le monde sera exécuté quand les forces d'Assad et leurs voyous vont capturer notre zone ». 

Plusieurs questions se bousculent, traduisant l'incompréhension générale : comment se fait-il que le principal canal d'information soit les réseaux sociaux ? Quelques bribes d'informations sont colportées ça et là, mais rien de concret. C'est là que l'on se demande ce que fabriquent nos médias, pourtant habituellement avides de sensationnel. Peut-être que, finalement, le sort des habitants de cette région ne fait plus assez le buzz pour valoir le coup d'en parler... qui-sait ?

Si vous ne voyez pas la tour Eiffel s’illuminer ce mercredi 15 décembre, ne paniquez pas, c’est seulement la marque de soutient de la France envers nos compatriotes syriens...En espérant qu'en éteignant nos lumières, nous éteindrons leur souffrance.

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